Autolouange Bénédicte 31 mai 2009

JE SUIS…

Je suis le fleuve de l’Eden perdu dans les sables,

l’eau que la terre assoiffée a bue jusqu’à la dernière goutte,

je suis le buvard du temps qui absorbe l’éternité,

la déchirure sacrée qui ouvre le fruit de la nuit pour en libérer l’amande,

je suis la charnière des temps où grince le mouvement,

la porte du ciel ouverte à deux battants,

le seuil foulé de tous les pas de l’humanité,

le paillasson céleste qui transforme la poussière des chemins en poudre d’étoile,

je suis un verrou rouillé trempé dans une solution de rosée,

la résistance que dissout l’amour,

je suis la passante de tous les murs du son,

la brèche d’une muraille de Chine,

l’éclat de la lame où perce la lumière d’orient,

je suis l’espérance du désespoir, la promesse de l’union sacrée,

la terre déminée de souffrance explosives,

je suis le flanc raviné et ouvert d’un coteau ensoleillé,

le terreau d’un cépage amoureux,

je suis l’aimée d’un cantique nouveau,

celle que l’épreuve a lavée de tous soupçons,

celle que l’abandon a donné au monde,

celle que l’oubli d’un seul a inscrite dans toutes les mémoires.

Je suis l’amante éconduite d’un loup déguisé en agneau,

l’amoureuse délaissée de l’amour,

le creuset de toutes les peines où le coeur bat encore le rappel de l’espérance,

je suis l’enfant qui portait une femme dans l’insouciance de ses jeux,

la préférée d’un absent,

le bijou sacré d’un archange,

la parure secrète d’un roi sans ornement,

le scintillement silencieux d’une noblesse cachée,

je suis la tendresse argileuse d’un jardin

où foisonnent roses anciennes et nouvelles,

l’hospitalité du doute,

le repos de l’errance,

le lit et l’étoffe d’un guerrier de lumière,

la patience au chevet de la vulnérabilité,

la joie effervescente que le jour boit à jeun,

je suis l’espièglerie du vent,

celui qui joue des tours en déjouant nos plans,

met la nature en joue et siffle tendrement,

je suis l’attente vaincue qui se rend à l’évidence d’un don imminent,

la beauté voilée que nul homme n’a déflorée,

le vase précieux des célébrations,

je suis l’alouette plumée qu’un duvet d’or revêt de la tête aux pieds,

la ferveur méconnue d’un incrédule,

la flamme mise sous le boisseau de la négligence,

l’oubliée qui retrouve la mémoire,

je suis celle que l’on se permet de négliger et reléguer

parce qu’elle est l’évidence aveuglante de l’amour,

l’orpheline qui se découvre enfant de l’amour,

son trop-plein répandu en pardon sur un sol ingrat,

je suis la gratitude qui ne sait ni lire ni calculer,

la recalée de l’épreuve à qui l’obstacle donne des ailes,

le refus surmonté d’un parcours équestre,

la fougue d’un sang pur bat dans mes veines,

et fait circuler la lumière comme aux heures de pointe, un flux dense,

je suis l’habilleuse du verbe,

la petite main de l’alphabet divin,

je coupe et couds,

je taille et pique,

j’assemble et drape les lettres en habits,

en dentelles de soie,

je suis l’infinie richesse de la pauvreté,

qui glisse comme du sable entre les doigts

et ne laisse de l’or qu’ une caresse irisée,

je suis la fin qui porte sa suite

comme une mariée sa couronne,

un commencement inconnu aux confins des mondes,

je suis le rire qui prend à l’improviste et à la gorge toute tristesse,

je suis…


Bénédicte

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