Autolouange Marie à Vézelay juillet 2009

Je suis parvis de Basilique,

Entrée de cathédrale,

Seuil d’un éternellement neuf,

Voorruimte d’un trésor mondial,

Portail en gloire pour processions

De gueux, de mendiants et de chevaliers. Narthex, j’accueille les badauds, les passants,

Les catéchumènes, comme les baptisés,

Les croyants comme les païens,

Les anciens comme les nourrissons,

Les cyclistes en maillot comme les belles en mantilles et dentelles,

L’homme en chasuble rose et les nonnes en grisaille,

Les voix éraillées comme le jaillissement des trilles d’un bébé.

J’hume l’encens et colorie vos vies.

Je bénis les pèlerins, moines et moniales.

De mes larges paumes ouvertes, J’honore la foule des saints,

Des moins saints et des pas saints du tout,

Et la procession des croix convergentes en signe de pardon. Je porte haut le panache de mes cloches brinquebalantes. J’annonce les heures, les offices,

Des laudes aux complies, de l’aube au crépuscule. Je suis le cliquetis des chaussures cloutées

Et le chuintement des pas alanguis.

Ils n’ont pas choisi les plus belles pierres

Pour me construire, gardées pour le chœur.

Mais quel ravissement j’éprouve

D’être la porte qui donne accès à la merveille !

La porte la plus photographiée,

La porte immense, écrin blindé pour

Un joyau qui défie le temps.

Une maman enseigne à son petit

L’eau bénite et le signe de la croix.

Il se rebiffe, refuse de signer aux quatre points

Cardinaux de ses épaules et de sa tête.

Il se penche et bénit chacun de ses pieds,

Ses mains, sa tête et s’en court.

Je suis le bon sens de cet enfant,

L’eau de sa bénédiction,

L’apaisement de tous les pieds qui

Ont fait route jusqu’à moi.

Je suis un lieu de prière où s’apprivoisent les mots.

Je suis pierre de louange,

Aulne des élans mystiques, floraison en majesté

Mesure du sacré,

Rite des sacres et sacre de nos vies.

Je suis vibration du vide qui comble le vide.

Je suis colline inspirée en route vers les mille étoiles de Compostelle.

Mille fatigues et mille maux

Auront passé sur moi sans jamais m’affaiblir.

Je suis la vouivre des chapiteaux,

Les scénettes paraboliques ou diaboliques

Le canaille, le coquin, l’espièglerie

Plus vraie que la vérité

Plus sincère que la sincérité.

Je suis une bougie votive dans un lac de dévotion.

Je suis tourniquet des anges et des orphelins

Je suis ces couples qui s’enlacent,

Comme ceux qui aimeraient s’ignorer.

Ces longues filles filasses recroquevillées sur leur mobile

Auprès d’une mère rondelette

Qui joue au guide touristique.

Je suis la dispersion de la vie dans l’entonnoir de la révélation.

Marie

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