Deux autolouanges d’Ian

3 février 2008

Je suis le chantre blond.

Plus je cherche, plus je me perd. Tout est là sous mes doigts. Je suis ce chercheur qui voudrait faire chanter le monde, qui se tue à transmettre un savoir qu’il ne possède peut-être pas, condamné à chercher ce qu’il connaît déjà et à transmettre ce qu’il croit ne pas connaître. J’ai trouvé ce que je n’ai pas cherché et que j’avais déjà. J’ai trouvé que tout était là. Je suis le témoin souvent acharné de ce qui dès lors ne peut arriver.

Je traverse ce monde avec mes paquets. Tout un fatras de trucs que j’ai ramassé, reçu, conquis et que tout le monde ou presque méprise. Je suis ce saltimbanque sur le trottoir que l’on regarde avec pitié, une piécette dans la main serrée.

Parfois, je suis porté par une musique d’un autre âge, parfois je chante, parfois je danse, souvent j’exulte et les tourbillons de la vie ne font qu’élargir ma danse et mon chant. Le son me transporte et me transfigure. Je suis ce chant qui redonne du courage, cette de danse inca qui ramène la pluie. Je suis les 7 planètes du système solaire, les 7 notes de la gamme, le chant des astres. Je suis le son qu’on ne voulait pas produire, la vibration d’une corde à vide, le cri du nouveau-né. Mon cœur est cette fleur aux mille pétales, éolienne que le souffle de ma voix fait tourner.

Je suis le chaos originel, le désordre dont jaillit ce qu’on n’attendait pas.

Je suis ce livre hospitalier, cette phrase qui vous retourne, cet arbre qui vous vide et vous remplit à la fois. Je suis ce chant d’oiseau, cette histoire qu’on lit à voix haute, ce regard qui ne juge pas. Je suis cette foule qui écoute. Je suis ce moment où l’on s’arrête pour regarder passer les trains.

Je suis ce nuage qui disparaît et renaît sans fin dans un ciel serein. Je vole au-dessus des mers et des montagnes. Parfois, je m’arrête ça ou là. Alors, j’embrasse le monde qui m’entoure, je m’unis à la terre, je rejoins les gouttes d’eau de la mer, je me fonds en elle de toute mon âme et nous ne faisons qu’un.

Le regard d’amour est ma religion.

Je suis ce mystique dans la montagne au milieu de la foule, ce poète qui ne sait pas écrire. Je suis un défi au monde académique, ce que le jugement n’a pas pu tuer.

Ian7 février 2008

Ce matin, je n’ai pas mis mes lunettes.

Pour voir moins bien, ou peut-être mieux ? Pour oser voir ce que je n’ai pas le droit de voir, ce qu’il ne se fait pas de regarder ; pour me voir moi-même sans honte. Serais-je retourné au paradis ? Aurais-je conjuré le pécher originel ?

Soudain, je régresse : Je suis ce coeur qui palpite, cette vie ruisselante de sang et d’humeurs et d’exréments. Ils font partie de ma vie. Je suis au stade anal, pourquoi les adultes dénigrent-t-ils ces merveilles dont je suis l’auteur?

Est-ce pour cela que je m’évertue à vouloir créer ? Cette vie qui circule dans mes veines semble chercher les fissures de ma raison pour exister. Je laisse la vie s’exprimer, j’abandonne mes carapaces, je n’ai plus rien à perdre. Mes yeux brillent dans la nuit, je n’ai plus peur du noir.

Les nuages sont légers, légers. Ces géants pèsent des millions de tonnes, et moi aussi ce matin, je suis léger, léger…

Ian


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